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il n’y a aucune preuve que le virus est devenu moins dangereux

Une récente étude scientifique fait état d’une mutation du virus et suggère un plus fort potentiel infectieux. Mais rien ne permet d’en déduire que le virus est plus ou moins agressif. Cette forme du SARS-CoV-2 était, selon l’étude, majoritaire en France dès le mois de mars.

Covid-19 : il n’y a aucune preuve que le virus est devenu moins dangereux 15h21 , le 23 août 2020, modifié à 15h33 , le 23 août 2020



De quoi parle-t-on? Depuis quelques temps circule l’idée que le coronavirus aurait subi une mutation génétique qui l’aurait rendu plus contagieux, mais moins agressif. Cela expliquerait, pour les partisans de cette thèse, pourquoi les contaminations sont reparties à la hausse ces dernières semaines en France sans nouvelle flambée des passages en réanimation. “Aucun argument scientifique ne vient étayer cette théorie, hélas, a commenté le ministre de la Santé, Olivier Véran, dans le JDD. Le Covid qui se propage est le même que celui qui a coûté la vie à 30.000 Français.”

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Ce que dit l’étude parue dans Cell. A l’origine de cette hypothèse se trouve notamment un article scientifique parue dans la revue Cell le 3 juillet dernier, dont les conclusions ont été extrapolées. Il est signé par un groupe de chercheurs américains et britanniques, travaillant pour le Laboratoire National de Los Alamos au Nouveau-Mexique (Etats-Unis) et l’université de Shieffield (Royaume-Uni). Dans cette étude, les auteurs disent avoir repéré une mutation du virus SARS-CoV-2, dans un grand nombre de souches. Il s’agit d’une modification ponctuelle du génome du virus, c’est-à-dire de son matériel génétique. Un phénomène normal. Pour l’identifier, ces chercheurs se sont penchés sur les données de 999 patients britanniques et sur les données de la base GISAID, qui centralise plus de 80.000 séquences du virus.

La mutation, baptisée D614G, s’est produite dans la région du génome qui code la protéine dite S ou “spike”. Cette protéine est très importante dans le développement de la maladie, car elle permet au virus de se fixer sur certains récepteurs des cellules, et donc d’infecter l’organisme. Dans cette région, l’acide aminé D614 a été remplacé par l’acide aminé G614. Les chercheurs ont observé une charge virale plus importantes dans les échantillons de 999 patients infectés par cette forme, ce qui suggère selon eux une infectiosité accrue du virus.

Pourquoi cela ne permet pas de dire que le virus est moins dangereux. Mais les auteurs de l’étude eux-mêmes sont très prudents quant aux implications de cette mutation. Leur postulat, tout d’abord, doit être étayé par d’autres études.…

Aude Le Gentil

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